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Le Néo-dadaïsme

Etats-Unis 1952 – 1960

Le Néo-dadaïsme est en fait un mouvement charnière entre le Dadaïsme et le Pop’art, tout en présentant parfois une facture expressive, même si les artistes disent prendre distance face à la peinture expressionniste abstraite. Robert Rauschenberg, Jasper Johns, chacun, à leur façon, invite la vie réelle dans leur art, au sein du Néo-dadaïsme.

 

Les objets usuels en fin de vie, mis au rebut, sont repris et renaissent dans les œuvres de Rauschenberg. Comme Schwitters, Braque ou Picasso, Rauschenberg convoque différents matériaux, objets dans ses tableaux. Cependant, à la différence de Schwitters, le hasard ne les place pas dans l’œuvre, à la différence de Braque et de Picasso qui les associent jusqu’à les fondre dans une image, Rauschenberg les combine, les positionne, les relie tout en laissant leur identité, dans une composition voulue, réfléchie, rythmée et formellement équilibrée. Cet équilibre nécessaire permet à chaque objet de trouver sa juste place et d’en annuler aucun autre.

Les photographies autobiographiques ou autres, les images de chefs d’œuvres de l’art occidental, les dessins d’enfants, divers objets, des réveils, des miroirs, … sont réunis au sein d’une même toile et sont reliés les uns aux autres par la peinture. Des coups de pinceaux apparemment nerveux traversent la surface, rappelant les Drippings de Pollock. Tout y est, le présent par les miroirs reflétant le mouvement immédiat du spectateur, le passé par les reproductions d’œuvres anciennes et les photographies relatant des événements historiques, le temps par des réveils, les objets de la vie courante, lui-même via des photographies autobiographiques, l’autre par les miroirs, le dédoublement et donc la production multiple par la présence dans une même toile d’une figure et de son double, et aussi par la répétition d’une même œuvre, la peinture, la sculpture, la musique, la danse, l’abstraction, la figuration, la vie, la mort, l’ironie pour mieux montrer l’illusoire… Ainsi, chaque élément est bien identifiable et en même temps uni aux autres, à l’identique du monde.

L’Œuvre, constituée d’éléments hétérogènes, ne peut pas se lire, être embrassée en un coup d‘œil. Elle nécessite plusieurs regards, elle réclame du temps et n’impose aucun dictat théorique. Le spectateur gravite autour d’elle.

En intégrant dans les tableaux les rebuts de la vie quotidienne, les images de magazines, l’artiste désacralise l’art ; une histoire de l’art qu’il investit à travers de sacrés clins d’œil!  

Rauschenberg ne désire pas montrer ses sentiments, son intériorité, mais donne à regarder le monde dans lequel il vit ; prémisses du Pop’art qui peuvent aussi se lire dans l’invitation au monde réel, dans le rejet de cet art abstrait exclusif, dans la répétition de l’œuvre et donc dans l’abolissement de sa valeur unique et absolue.

 

Untitled, Sans titre, 1955 ; Combine painting de Rauschenberg ; Dosiier pédagogique du Centre Pompidou

Untitled, Sans titre, 1955 ; Combine painting de Rauschenberg ; Dosiier pédagogique du Centre Pompidou

 

Jasper Johns joue avec la représentation d’objets par essence plats et colorés qui portent en eux la structure d’une composition picturale, par exemples le drapeau américain, les cibles de tirs. Il jongle avec le signifiant (le drapeau peint) et le signifié (l’objet drapeau lui-même) presque identiques, démarche initiée par les Surréalistes en brouillant les pistes entre le signifiant et le signifié (‘Ceci n‘est pas une pipe’ de René Magritte).

 

Figure 5 Jasper Johns, 1960 sur le site www.cineclubdecaen.com/peinture/materiel/histoiredelartmoderne.htm

Figure 5 Jasper Johns, 1960 sur le site www.cineclubdecaen.com/peinture/materiel/histoiredelartmoderne.htm

 

Par des sujets tels le drapeau américain avec ses bandes et ses étoiles, les cibles et leurs ronds concentriques, sollicitant une certaine géométrie, l’artiste remet en scène une figuration dans laquelle les structures géométriques prennent une place cruciale, une figuration toute en retenue, traitée avec beaucoup de distanciation, à l’extrême opposé de l’expressionnisme abstrait.

 Pour peindre ses tableaux, il utilise la cire fondue mélangée aux pigments, technique de l’encaustique. La surface de l’œuvre montre ainsi les traces de pinceaux et laisse deviner le support de texture hétérogène. La toile préparée avec des journaux froissés et des photographies collés, puis recouverte par de la cire, est toute en matière.

Les traces de pinceaux ainsi visibles rappellent sans débordement l’investissement physique d’un corps, et par cette matière très particulière, la singularité de l’artiste. En même temps, la géométrie des formes peintes caractérise une volonté théorique formelle, une orientation vers des structures rigoureuses. Les facettes subjective et objective de l’artiste se mêlent, se marient au sein du tableau, à l’image d’un être humain qui se déploie dans l’imaginaire et dans le réel, dans le singulier et l’universel.

Ce retour à la figuration passe essentiellement par des objets reconnaissables par tous les américains, aussi par un traitement froid de l’image, introductions majeures au Pop’art.  

 

Les artistes du Néo-dadaïsme sont  Robert Rauschenberg, Jasper Johns.

Le Nouveau réalisme

France 1960 – 1963 Pour créer leurs œuvres, les artistes du Nouveau réalisme extraient des objets de la société contemporaine comme les affiches publicitaires, les déchets, les ferrailles, puis les lacèrent, les compressent, les décollent, les assemblent, les stratifient…. Ils leur donner une nouvelle vie et, ainsi suscitent un nouveau regard sur le réel, sur …

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